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Piège pour un Homme Seul, de Robert Thomas

C’est vraiment dommage, mais le crime parfait n’existe pas !

Le jeune homme a l’impression de sombrer dans la folie, d’ailleurs son épouse insiste fortement sur ses accès de dépression.

Le commissaire ne sait plus à quel témoignage se vouer : curé, mari, épouse, qui ment, qui dit la vérité ? Daniel Corban est-il l’innocente victime...

... d’une imposture visant à mettre la main sur un héritage ? Comment prouvera-t-il que cette jeune femme est une intrigante alors que des témoins l’ont formellement reconnue ?

« Piège pour un homme seul » est une comédie policière en quatre actes, dont le rythme soutenu et les rebondissements tiennent le spectateur en haleine du début jusqu’à la fin.

Bien que j’aie déjà vu la pièce quatre fois et malgré le fait que je connaisse la fin, je la revois systématiquement avec autant de plaisir tant l’intrigue est formidablement bien ficelée.

Thierry Moulart est un Daniel Corban très convaincant, mais tout aussi convaincante est Ingrid Brasseur en Elisabeth, vraie ou fausse, épouse tour à tour tendre ou inquiétante.

Le commissaire est Olivier Bauwelinckx et il y est formidablement drôle, qu’il soit dérouté par les témoignages contradictoires ou certain de ce qu’il avance.
C’est Didier Mills qui est le curé, trop poli pour être honnête. Il faut aussi noter la sympathique apparition de Pierre Chalsège en peintre-pochetron, témoin des mariés.

La troupe du sympathique « THEATRE DE L’ESCAPADE » en fait un travail épatant sous la direction du metteur en scène Claude Enuset, qui mit notamment en scène « Autopsie d’un Meurtre » d’Agatha Christie, que j’ai eu le plaisir de voir au Théâtre des Galeries en 2002. Cleude Enuset est tout sauf un inconnu dans le monde du théâtre ; ses mises en scène se comptent par dizaines ; il a non seulement travaillé pour des compagnies professionnelles mais aussi pour les « grandes » scènes bruxelloises (Galeries, Rideau, le Grand Midi ; avec ce dernier il présenta « Candide » au Festival d’Avignon.
Il a aussi participé à la coordination/mise en scène du Pôle Est de la Zinneke Parade de 2006.

Ces informations concernant le metteur en scène Claude Enuset sont résumées du programme théâtral.

La mise en scène vaut à elle seule le déplacement. Très originale, il s’agit d’une variation subtile de noir et blanc, en passant par les gris, pour accentuer l’aspect comédie policière à la manière des années 50. Le bruitage et les musiques accompagnant la pièce accentuent encore l’époque « cinéma noir et blanc ».
« Piège pour un homme seul » est une pièce où « l’assassin est parmi nous », on soupçonne tout le monde.
Je n’ai qu’un regret, c’est le succès de la pièce, pas moyen d’y retourner une nouvelle fois et pourtant, comme j’aimerais la revoir une fois de plus !

« L’escapade » est soi-disant une troupe de comédiens amateurs ; je dis « soi-disant » car de l’amateurisme à ce niveau-là vaut tous les comédiens chevronnés du monde.
Sous la direction de leur dynamique présidente Dominique, elle-même excellente comédienne, la troupe a fêté ses 20 ans d’existence, et se produit principalement à la Salle Molière, Place St-Guidon à Anderlecht.
Faites leur connaissance sur : https://www.theatrescapade.be/Sommaire.htm

« Piège pour une homme seul » a également fait l’objet de deux adaptations filmées, pour la télévision, à savoir en 1969, une adaptation originale où le rôle masculin principal devient une femme, interprétée par Janet Leigh : « Honeymoon with a Stranger ». Cette version mettait plutôt l’accent sur l’aspect thriller de la pièce.

L’autre version, plus conventionnelle, dont le scénario est plus proche de l’original, date de 1976 : « One of my wives is missing ». C’est le sympathique acteur américain Jack Klugman qui interprète l’inspecteur et Daniel Corban était interprété par James Franciscus.

A propos de l’auteur :

Robert Thomas naquit à Gap en septembre 1927 et mourut à Paris en janvier 89 d’une crise cardiaque. Il était à la fois auteur dramatique, metteur en scène, réalisateur et comédien.
C’est vers 14 ans qu’il se découvre une passion pour le théâtre contemporain et lira en l’espace de trois ans toutes les pièces de théâtre publiées depuis 1900 !
Lorsqu’il quittera sa famille en 1947, il n’a qu’une idée en tête : jouer et écrire la comédie à Paris, son assureur de père décidera de ne pas le financer et il travaille donc en tant que télégraphiste afin de payer ses cours ; il sera figurant dans plus de 50 films. Il connaîtra à cette époque trois années de misère cachée, au régime chambre de bonne en guise de logement et café-crème pour tout repas. Lorsqu’on l’invitait parfois, afin de faire le clown au desssert, il en profitait pour manger pour 4 jours.

La nuit il écrit. Le résultat sera une production de sept pièces, qui seront toutes refusées.
A la fin de son service militaire, il se présente auprès de Pierre Dux, acteur et metteur en scène, qui l’engage dans la pièce « Il faut marier maman » ; ce sera le début de sa carrière théâtrale en tant que comédien. Il sera notamment dans les célèbres « Belles Bacchantes ».

Deux de ses premières pièces seront crées à Nice (« Huit Femmes » et « Madame Trait d’Union ») vers la fin des années 50 mais le succès n’est toujours pas de la partie.
Pourtant, Robert Thomas tient bon et sa persévérance sera finalement récompensée grâce à sa 8ème pièce : une comédie policière, intitulée « Piège pour un Homme Seul ». C’est Jacques Charon qui la remarquera et elle fait un triomphe au théâtre des Bouffes- Parisiens le soir de la générale. C’est le succès du jour au lendemain. La pièce sera jouée 12.000 fois.
Elle sera récompensée du Prix du Quai des Orfèvres et sera traduite et représentée dans le monde entière. Même le grand Alfred Hitchcock souhait en acheter les droits d’aptation au cinéma mais la mort du réalisateur mettra fin au projet.


Le succès de cette pièce conforte enfin Robert Thomas en tant qu’auteur dramatique ; désormais il écrira ce qui sera sa spécialité : des comédies policières.
Après le « Piège », Thomas décide de réécrire « Huit Femmes », jeu de la vérité implacable entre les huis femmes d’une famille, menant leur enquête pour découvrir l’assassin du maître de maison, qui ne peut d’ailleurs être que l’une d’entre elles. Rappelons que la pièce fut récemment adaptée au cinéma par François Ozon.

Dans les années 50, un couple de comédiens est célèbre à la radio : Jane Sourza et Raymond Souplex, qui interprétaient quotidiennement deux clochards dans « Sur le Banc ». En 1966 Robert Thomas a l’idée de les réunir dans une pièce intitulée « La Perruche et le Poulet » ; inutile de dire que là encore, ce sera un immense succès.
Une autre pièce importante du répertoire de l’auteur est « Le Deuxième coup de feu », qui réunissait sur scène un couple mythique du théâtre, Jean Desailly et Simone Valère.

De 1970 à 1989 (date de son décès), Robert Thomas fut le directeur du Théâtre Edouard VII.

Il réalisa également deux films pour Darryl Zanuck, à savoir « La Bonne Soupe », de Félicien Marceau et « Patate » , de Marcel Achard ( interprétée par Pierre Dux).
Il a aussi réalisé d’autres films comme « Mon curé chez les nudistes » et « Mon curé chez les Thaïlandaises ».

Certains critiques ont reproché à Robert Thomas son manque de renouvellement et de n’avoir finalement trouvé d’inspiration que dans des adaptations ; cependant le ton de l’auteur était original : un esprit français dans le genre de la comédie policière, que l’on considérait jusqu’alors seulement réservé aux Anglo-Saxons.
Ses comédies sont résolument gaies, le style en est soutenu, rapide, les coups de théâtre se succèdent, ainsi que les renversements de situation.

Son but était de divertir les spectateurs, et croyez-moi sur parole, c’est une grande réussite.

Je déplore seulement que « Piège pour un homme seul » ne soit pas repris dans la série des DVD consacrée à « Au Théâtre Ce Soir » ; heureusement on y trouve « La Perruche et le Poulet », ainsi que « Le Deuxième coup de Feu ».

Cette courte bio de Robert Thomas est adaptée de l’article que lui consacre WIKIPEDIA : https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Thomas
Certains détails sont également issus du programme théâtral.


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Discussions
3 avis pour “Piège pour un Homme Seul, de Robert Thomas”
  1. le verbe être est de trop dans la première phrase; c'est "se repose" qu'il faut lire pas "est se repose" angry

    Par Niki | mardi 14 novembre, 11:01
  2. C'est corrigé oui

    Par PhilouDuNord | mardi 14 novembre, 11:04

  3. C'est corrigé oui


    Bisous Bisous Bisous

    Par Niki | mardi 14 novembre, 11:12
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